Le gearing (de l’anglais « engrenage ») est un coefficient exprimé en pourcentage et mesurant le rapport entre la dette financière et les capitaux propres d’une entreprise.
Ce ratio, fréquemment utilisé par les analystes, constitue un élément qui permet notamment de comparer des entreprises opérant dans le même secteur.
Durant ces dernières années, le gearing des grandes sociétés françaises a diminué de façon spectaculaire. pagesjaunes fait le point sur cet indicateur.
Gearing : principe et modalités de calcul
Le gearing est le coefficient rapportant la part de la dette financière nette sur le total des ressources dont une entreprise dispose au titre de ses capitaux (fonds) propres :
- l’endettement net d’une entreprise est obtenu en soustrayant les disponibilités, liquidités (et placements financiers éventuels) de la dette financière. Il s’agit des sommes dues aux banques et autres créanciers ;
- les capitaux propres (aussi appelés actif net) sont constitués par les fonds apportés par les actionnaires lors de la constitution d’une société et dont elle garde la disposition ainsi que par les profits (bénéfices) qui n’ont pas été distribués. Cet actif net permet à la fois de financer les investissements et d’apporter une garantie aux créanciers de l’entreprise.
Le calcul du ratio d’endettement s’obtient en appliquant le ratio suivant :
(total des dettes/ total des fonds propres) x 100 = ratio d’endettement.
Exemple : une société est endettée à hauteur de 25 000 € et dispose de fonds propres de 50 000 €. Son ratio d’endettement est donc de 50 % ((25 000/50 000 €) X 100 = 50 %).
Selon une enquête réalisée en 2017 par Associés en Finance, le gearing des 40 entreprises constituant le CAC 40, l’indice phare de la Bourse de Paris, a chuté de 53 % à 36 % entre 2006 et 2016. Cette décrue traduit un assainissement de leur bilan. Parmi les chutes de gearing les plus spectaculaires, on peut citer celle de Michelin qui est passée de 89 % à 10 % sur une décennie.
Les modalités du Gearing
Le gearing est l’un des ratios financiers les plus prisés par les analystes financiers. Ils l’utilisent pour évaluer la solidité financière d’une entreprise.
Le gearing peut avoir des effets bilantiels positifs : la baisse des taux a permis aux entreprises de se financer à des conditions de marché favorisant un effet de levier, les bénéfices obtenus grâce à l’emploi des fonds empruntés excédant la charge de la dette.
De façon générale, les analystes estiment qu’un gearing supérieur à 50 % traduit une forte dépendance d’une entreprise aux capitaux extérieurs pour financer son investissement comme ses activités. Au-delà de 66 % elle entre dans une zone rouge. En cas de retournement de la conjoncture, elle sera en effet plus exposée qu’une entreprise faiblement endettée.
Un niveau de gearing élevé peut aussi signifier qu’une société a profité de la récente chute historique des taux d’intérêt pour s’endetter à bon compte, plutôt que de puiser dans ses disponibilités.
Un gearing inférieur à 50 % est considéré comme un avantage puisqu’une entreprise peu endettée dispose d’une marge de manœuvre supplémentaire si elle a besoin d’un financement et que les créanciers ne menacent pas son indépendance.